Box-office France 2025 : une année de désillusion pour le cinéma français

L’année 2025 confirme une tendance que le secteur redoutait : le cinéma français peine à retrouver durablement son public en salles. Si la fréquentation avait connu un sursaut après les confinements liés à la Covid-19, portée par une envie collective de “re-sortir”, cet élan semble aujourd’hui largement retombé.
Résultat : une succession de semi-échecs commerciaux et de flops spectaculaires, y compris pour des films pourtant très attendus.


Des semi-échecs révélateurs d’un marché sous tension

Certains films ont franchi la barre symbolique du million d’entrées, mais sans atteindre les objectifs implicites liés à leur budget, leur ambition ou leur statut de franchise.

C’est le cas de Chien 51.
Avec environ 1,4 million de spectateurs, le film de Cédric Jimenez n’est pas un échec brutal. Mais son budget supérieur à 40 millions d’euros, son positionnement de science-fiction — rare et risqué dans le paysage français — et son casting premium plaçaient les attentes bien plus haut. Le verdict est clair : le film n’a pas trouvé un public à la hauteur de ses ambitions. L’argent et le cast ne font pas tout ! Le scénario décevant et improbable nous a donné la nausée. Une grosse déception.

Même constat pour Kaamelott – Deuxième Volet : Partie I.
Après le triomphe du premier opus, ce second chapitre plafonne à un peu plus d’un million d’entrées, soit une chute spectaculaire par rapport aux 2,6 millions du film précédent. Sans être un naufrage, cette baisse marque un essoufflement de la franchise et révèle une attente du public sans doute plus tiède qu’anticipé.

Il reste God Save The Tuche, le nouveau film de la saga se classe 6ème dans le Box office France avec 3 millions d’entrée. Il est le premier film français du classement derrière :

  1. Zootopie 2 (6.547.000 entrées)
  2. Lilo & Stitch (5.162.000 entrées)
  3. Avatar : De feu et de cendres (5.057.000 entrées)
  4. F1 (3.372.000 entrées)
  5. Jurassic world : Renaissance (3.021.000 entrées)

Flops spectaculaires : quand le public décroche totalement

Plus inquiétante encore est la seconde catégorie de films : ceux pour lesquels la rencontre avec le public n’a tout simplement pas eu lieu.

Des projets ambitieux comme 13 jours 13 nuits de Martin Bourboulon (≈ 470 000 entrées) ou L’Homme qui rétrécit (≈ 265 000 entrées pour un budget estimé à 21 M€) incarnent cette déconnexion entre investissement et fréquentation.

Imagine Jan Kounen et porté par Jean Dujardin, les aventures de Paul, un homme ordinaire, qui partage sa vie entre son entreprise de construction navale, sa femme Elise, et leur fille Mia avait pourtant tout pour plaire. Mais la nouvelle adaptation du roman culte de Richard Matheson n’a tout simplement pas trouvé un public.

La comédie française, longtemps valeur refuge, n’est pas épargnée : Le Routard de Philippe Mechelen incarné par deux pointures françaises Christian Clavier et Michel Blanc, 100 millions !  de Nath Dumont avec ici encore deux valeurs sûres française Kad Merad et Michèle Laroque affichent des scores modestes, parfois sévères, malgré des visages identifiés.

Plus bas encore, certains films deviennent quasiment invisibles :
L’adaptation de la bande dessinée de Waltery et son célèbre personnage Natacha au cinéma par la réalisatrice Noémie Saglio n’a trompé personne hormis son casting trois étoiles (Camille Lou, Vincent Dedienne, Didier Bourdon) qu’elle a emmenée dans son navet Natacha (presque) hôtesse de l’air : 100 000 entrées pour un budget de 16 M€.

Les Linceuls, porté par Vincent Cassel et Diane Kruger, s’arrête à 55 000 spectateurs.

Et puis il y a le cas extrême, presque absurde : Eject, sorti dans une seule salle, n’a attiré que 7 spectateurs. Un symbole brutal des dérives possibles du système de sortie en salles.


Une crise structurelle, pas conjoncturelle

Derrière ces chiffres se dessine une réalité plus large : les entrées en salles sont globalement en berne.
Après la pandémie de Covid-19, la fréquentation avait rebondi mécaniquement, portée par un besoin de socialisation et de sortie. Mais cette parenthèse s’est refermée.

La crise sanitaire a profondément modifié les habitudes culturelles :

  • Le public est aujourd’hui plus installé chez lui,
  • Les plateformes de streaming comme Netflix, Amazon Prime Video ou Disney+ se sont massivement développées depuis 2020,
  • Les séries et films sont accessibles immédiatement, sans contrainte horaire ni déplacement.

Le cinéma en salle n’est plus un réflexe, mais un choix, souvent réservé aux événements, aux films “incontournables” ou aux expériences spectaculaires.

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