CANNES 2026 : la Belgique entre dans la lumière

La 79e édition du Festival de Cannes s’est ouverte ce mardi 12 mai 2026 avec La Vénus électrique de Pierre Salvadori, présenté hors compétition. Une ouverture qui résonne particulièrement pour la Belgique puisque le film est une coproduction franco-belge, annonçant d’emblée une présence belge remarquée sur la Croisette.

Cette présence se confirme aussi au cœur même du festival : la réalisatrice belge Laura Wandel, révélée avec Un Monde, siège cette année dans le jury de la compétition officielle, aux côtés du président Park Chan-wook. Une reconnaissance importante pour une cinéaste dont le regard sensible et précis s’est imposé en quelques années sur la scène internationale. 

Pendant toute la durée du festival, Mister Emma et Nicolas Gilson, programmateur du Cinéma Palace à Bruxelles, donnent rendez-vous chaque jour aux internautes sur Instagram pour un live consacré aux films vus à Cannes. Ce mercredi 13 mai, ils sont revenus sur trois œuvres très différentes.

In Waves, de Phuong Mai Nguyen, ouvre la Semaine de la Critique en séance spéciale. Ce film d’animation raconte la rencontre entre AJ, lycéen discret passionné de skateboard et de dessin, et Kristen, passionnée de surf. Leur histoire d’amour bascule lorsque la maladie vient bouleverser leur avenir. Entre adolescence, deuil possible et puissance de l’océan, le film s’annonce comme l’une des premières émotions fortes de cette édition. 

Également présenté à la Semaine de la CritiqueDua de Blerta Basholli plonge le spectateur à Pristina, au Kosovo, à la fin des années 1990. À travers le quotidien d’une adolescente de 13 ans, le film mêle récit intime, tensions familiales et grondement de la guerre qui approche. Dua doit trouver sa place dans un monde déjà traversé par les conflits ethniques, les injonctions sociales et les transformations de son propre corps. 

Enfin, Quelques jours à Nagi de Kōji Fukada est présenté en Compétition officielle. Le film suit Yuri, une architecte divorcée qui rend visite à son ancienne belle-sœur, sculptrice installée dans le village japonais de Nagi. Ce séjour, d’abord pensé comme une parenthèse, devient peu à peu une expérience de retour à soi, au rythme du quotidien rural, des silences et d’un lien ancien qui ressurgit entre les deux femmes. 

Mais cette édition s’ouvre aussi dans un climat de tension. Dès la veille de l’ouverture, une lettre ouverte publiée dans Libération et signée par de nombreux professionnels du cinéma français a dénoncé l’emprise croissante de Vincent Bolloré sur le secteur, à travers Canal+, StudioCanal et sa présence dans l’actionnariat d’UGC. Les signataires redoutent qu’une telle concentration ne finisse par peser sur la liberté de création et l’indépendance éditoriale du cinéma français, comme cela a déjà été observé dans d’autres secteurs culturels passés sous son influence. 

Entre glamour, cinéma d’auteur, premières découvertes, présence belge et inquiétudes politiques, Cannes 2026 démarre donc sur une édition déjà très chargée — artistiquement, symboliquement et idéologiquement.

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