La 79e édition du Festival de Cannes approche doucement de son dénouement. Les films continuent de se dévoiler, les débats se resserrent, les favoris se précisent, mais il reste encore quelques surprises possibles avant le palmarès.
Dans cet avant-dernier live Instagram, à retrouver sur le compte de @misteremma, Mister Emma et Nicolas Gilson, programmateur du Cinéma Palace à Bruxelles, reviennent sur plusieurs films découverts sur la Croisette : un titre en compétition officielle, une proposition à Un Certain Regard, une Séance spéciale, mais aussi plusieurs films vus par Mister Emma ces derniers jours.
En compétition officielle, Nicolas Gilson a découvert The Man I Love de Ira Sachs, avec Rami Malek, Rebecca Hall, Ebon Moss-Bachrach, Tom Sturridge et Luther Ford. Le film nous plonge dans le New York de la fin des années 1980, auprès de Jimmy George, figure iconique de la scène théâtrale. Alors que la mort lui est promise, son désir de vivre, de créer, d’aimer et de désirer une dernière fois devient plus fort que tout. Entre comédie musicale, romance et fantastique, Ira Sachs signe un film traversé par l’urgence de l’amour, la maladie et la beauté fragile des derniers élans.
Dans la section Un Certain Regard, le live s’arrête aussi sur Yesterday the Eye Didn’t Sleep, présenté sous le titre français Une disparition, premier long métrage de Rakan Mayasi. Dans un village bédouin de la vallée de la Bekaa, à la frontière entre le Liban et la Syrie, une jeune femme disparaît. Pendant les recherches, son cousin Yasser renverse accidentellement un homme d’un clan rival. Ses sœurs, Rim et Jawaher, sont alors désignées pour réparer la faute. Leur sacrifice suffira-t-il à empêcher la vengeance et le feu de se propager ? Un récit de disparition, de dette, de clan et de violence patriarcale, où l’intime se retrouve immédiatement rattrapé par les logiques collectives.
Mister Emma revient également sur Les Survivants du Che de Christophe Réveille, présenté en Séances spéciales. Le documentaire retrace un épisode spectaculaire et méconnu de l’histoire révolutionnaire latino-américaine : la fuite de plusieurs guérilleros ayant combattu aux côtés de Che Guevara, après l’exécution de ce dernier en Bolivie en 1967. Pendant cinq mois, ces hommes ont parcouru près de 2.500 kilomètres à travers la jungle bolivienne jusqu’au Chili, traqués par l’armée. Porté par la voix off de Vincent Lindon, le film mêle entretiens, archives et animation 2D pour redonner chair à ces survivants d’un rêve politique brisé. Pour Mister Emma, le sujet est passionnant et le matériau humain très fort, même si la mise en scène reste parfois sage, presque scolaire, face à l’intensité de cette cavale. Lire la critique >>>
Dans son parcours cannois, Mister Emma a aussi vu Titanic Ocean de Konstantina Kotzamani, présenté à Un Certain Regard. Le film suit Akame, une adolescente japonaise qui s’entraîne dans un internat pop et scintillant pour devenir sirène professionnelle. Sous sa queue en silicone, elle apprend à retenir son souffle, à séduire le regard, à nager avec les requins, jusqu’à découvrir son désir, sa voix et les effets dévastateurs de son chant. Mister Emma y voit un film profondément intrigant, à la croisée du conte aquatique, du récit d’apprentissage et d’une critique contemporaine de l’image, des réseaux sociaux et de la mise en spectacle des corps. Lire la critique >>>
À quelques heures de la fin du festival, ce live prend donc des allures de bilan provisoire. Entre les derniers films en compétition, les œuvres plus discrètes des sections parallèles, les documentaires de mémoire et les récits d’apprentissage, Mister Emma et Nicolas Gilson poursuivent leur traversée cannoise avec la même curiosité, la même exigence et cette envie de partager, jour après jour, ce que Cannes révèle du cinéma contemporain.
Encore un live, et la boucle sera presque bouclée.
