Nicolas Gilson et Mister Emma se sont vu pour un dernier live Instagram en direct du festival du film de Berlin qui se tient jusqu’à ce dimanche 22 février 2026.
Ils avaient de nombreux films à disséquer ensemble :
Etwas ganz Besonderes (Home Stories) de Eva Trobisch (compétition)
Léa passe une audition pour une émission de télé-crochet. Le producteur lui pose la question : « Qui es-tu et qu’est-ce qui te définit ? » Léa n’a pas de réponse. Commence alors une quête identitaire.
Pendant ce temps, dans sa ville natale, le musée est somptueusement rénové grâce à des fonds européens, tandis que la maison d’hôtes familiale peine à survivre. Ses parents, Matze et Rieke, viennent de se séparer : Rieke attend l’enfant d’un autre homme, et tous deux ont encore du mal à s’habituer à cette nouvelle configuration familiale.
Ses grands-parents sont eux aussi confrontés à des difficultés, entre leurs propres tensions et leur hôtel forestier qui, dans une région en cruel manque de touristes, coûte plus qu’il ne rapporte. Sa tante Kati incarne pour Léa un modèle d’indépendance, mais en tant que directrice du musée, elle ne se fait pas que des alliés dans cette petite ville de province.
La meilleure amie de Léa, Bonny, semble quant à elle vivre sur une autre planète depuis qu’elle est tombée amoureuse du cousin de Léa, l’activiste Edgar.
Et c’est là toute la complexité de la question : qui est Léa, et qui souhaite-t-elle devenir ? Quelle histoire peut-elle construire à partir de l’héritage familial ?
Questionne l’Allemagne d’aujourdhui mais malheureusement, la réalisation n’est pas la hauteur des intention. On va vite oublier ce film.
The Loneliest Man in Town de Tizza Covi, Rainer Frimmel (Compétition)
Al Cook vit entouré de souvenirs. Son appartement et son studio au sous-sol sont remplis de livres, de cassettes vidéo et de disques vinyles – tout ce qu’il reste d’une vie autrefois pleinement vécue. Ici, le temps semble s’être arrêté, tandis qu’au-delà de ces quatre murs, le monde a continué d’avancer. Le blues, la musique qui signifie tout pour Al, tombe peu à peu dans l’oubli. Sa ville natale ne lui semble plus être un foyer, et la perte de son épouse bien-aimée, Silvia, pèse toujours lourdement sur son cœur.
Lorsqu’une impitoyable société immobilière projette de démolir son immeuble, son refuge lui est arraché, le contraignant à faire face aux ruines de sa vie. Alors qu’il est forcé d’abandonner ses trésors un à un, il doit se poser une question douloureuse : comment aller de l’avant quand il ne reste plus que des souvenirs ?
Face à la perte totale, il choisit un nouveau départ radical.
Film drôle, tendre et délicat qui fonctionne parfaitement avec un héros incarné par un vrai chanteur. Film qui fait du bien qui mérite d’être au palmarès. Le film The Loneliest Man in Town se trouve dans le top 3 de Nicolas Gilson !
Soumsoum, la nuit des astres de Mahamat-Saleh Haroun (compétition)
Kellou, dix-sept ans, s’est vu accorder des pouvoirs surnaturels qu’elle ne parvient pas à comprendre. Troublée et hésitante quant à la manière de gérer un don aussi déstabilisant, elle est envahie par le doute, jusqu’au jour où son chemin croise celui d’Aya, une femme d’une quarantaine d’années. Une rencontre qui va entrelacer leurs destins.
Aya sait déjà que Kellou possède un pouvoir. Elle sait aussi que la mère de Kellou est morte en couches : Aya était présente pour assister à l’accouchement et a entendu les dernières paroles de la mourante. Alors que sa propre fin approche, Aya – qui redoute la disparition du monde mystique et panthéiste qu’elle partage avec Kellou, où le visible et l’invisible se rejoignent – confie à la jeune fille la mission de préserver cet univers.
Sujet intéressant mais trop mal joué pour être intéressant.
Josephine de Beth de Araújo (Compétition)
Un matin, Joséphine et son père Damien se rendent au parc pour jouer au football lorsqu’ils sont témoins de l’agression sexuelle d’une joggeuse par un inconnu. Damien se lance à la poursuite de l’homme.
Après coup, Joséphine demande ce que l’homme faisait à la femme, mais son père esquive la question. En cherchant la signification du mot « viol », Joséphine commence à percevoir le monde comme un endroit de plus en plus sale et dangereux.
Damien tente de faire face à la situation en inscrivant sa fille à des cours de kung-fu, mais il ne parvient pas à prendre en compte son traumatisme émotionnel. À l’école, Joséphine manifeste des accès de violence et divise ses camarades entre amis à protéger et ennemis dont elle doit se défendre.
Un conflit éclate entre ses parents, accentuant l’instabilité dans sa vie. En cherchant à comprendre ce dont elle a été témoin – et le rôle qu’elle peut jouer dans la quête de justice – Joséphine commence à prendre en main sa propre sécurité et fait preuve d’une maturité bien au-delà de son âge.
Film américain dans lequel on retrouve au casting Channing Tatum, Gemma Chan, Mason Reeves, Philip Ettinger, Syra McCarthy.
Pour Nicolas Gilson, le film devrait recevoir l’Ours d’Or. Il a déjà reçu le prix du jury à Sundance. Un film profondément touchant et très bien réalisé.
Yo (Love is a Rebellious Bird) de Anna Fitch et Banker White (Compétition)
Après avoir perdu son amie, Anna a passé une décennie à construire de manière obsessionnelle une reproduction à l’échelle 1/3 de sa maison. Le modèle est juste assez grand pour qu’Anna puisse s’y faufiler par la porte. À l’intérieur vit une marionnette de son amie, Yo. Lorsqu’elles se sont rencontrées, Yo avait 73 ans et Anna seulement 24. Au fil des décennies, elles ont tissé un lien profond qui transcendait leur différence d’âge et d’expériences. Après la mort de Yo, Anna a recréé un espace magique où les récits de son amie peuvent se déployer et leur relation se poursuivre.
Yo (Love is a Rebellious Bird) juxtapose l’intimité d’un regard documentaire sur la dernière année de vie de Yo avec les interprétations créatives qu’en propose Anna à travers les histoires marquantes de son existence. Née en Suisse en 1924, Yo a vécu selon ses propres règles, défiant les normes liées à la sexualité, à la maternité, au vieillissement et même à la mort. Tandis que le film brouille les frontières entre mémoire, temps et invention, il révèle aussi le pouvoir de la création artistique à canaliser – et à partager – le deuil et l’amour.
Where to? de Assaf Machnes (Perspectives)
Dans les nuits sans fin de Berlin, Hassan, un chauffeur Uber palestinien de 55 ans, transporte des fêtards d’une soirée à l’autre. En froid avec sa fille aînée, bien décidée à épouser son petit ami allemand, Hassan se retrouve souvent à parcourir les rues sans véritable but.
Une nuit, Amir, un touriste israélien de 25 ans qui explore son identité sexuelle loin de chez lui, monte dans son taxi. Quelques mois plus tard, Amir réapparaît. Il vit désormais à Berlin et souffre d’un chagrin d’amour après la fin douloureuse d’une relation.
Au fil de leurs trajets nocturnes, qui se répètent sur deux années, Hassan commence à reconnaître dans les tourments d’Amir l’écho de sa propre douleur enfouie. Peu à peu, ces voyages de nuit l’aident à affronter son passé – y compris les événements qui l’ont poussé à quitter sa terre natale il y a 30 ans.
Le scandale de cette édition 2026 fut celle de ne pas prendre position par les membres du jury et surtout son président et il en va de même pour les organisateurs sur le génocide en cours à Gaza. Or, le film Where to? montre un angle totalement politique lorsque l’on installe deux protagonistes, l’un palestinien et l’autre israëlien, à Berlin.
