Propriétaire d’un chenil, Adam, 45 ans, est éco-anxieux. Le monde vacille, les saisons se dérèglent, les catastrophes s’enchaînent. Lui, il encaisse tout avec une douceur un peu lunaire, presque désarmée. Jusqu’au jour où, en appelant le service après-vente de sa lampe de luminothérapie, il rencontre Tina. Et soudain, la terre tremble. Littéralement. Mais surtout intérieurement.
Peak Everything est un film sur la fin du monde — mais sans fin du monde spectaculaire.
Pas de villes en flammes, pas d’explosions numériques. Ici, l’apocalypse est intime. Elle s’infiltre dans le quotidien, dans les conversations banales, dans les pensées qui tournent en boucle.
L’éco-anxiété d’Adam n’est pas un ressort comique forcé. Elle est le reflet d’un malaise contemporain très réel. Aujourd’hui, les inondations, les vagues de froid extrêmes ou les records de chaleur ne relèvent plus de la science-fiction. Le film capte cette inquiétude diffuse qui traverse notre époque — cette sensation que quelque chose se fissure, lentement mais sûrement.
Et pourtant, le film fait rire.
Il y a dans le personnage d’Adam une maladresse touchante. Une façon d’être à côté du monde tout en étant profondément connecté à ce qu’il ressent. Son rapport aux événements est décalé, presque absurde, mais jamais moqué. Le comique naît de cette tension entre la gravité du contexte et sa manière douce, un peu flottante, d’y faire face.
La rencontre avec Tina agit comme un séisme affectif. L’amour surgit là où on ne l’attend pas — au bout d’une hotline technique. Dans un monde qui semble s’effondrer, le film propose une hypothèse simple : la connexion humaine reste un refuge. Peut-être même une résistance.
Ce qui frappe, c’est le ton.
Ni dystopique, ni naïf.
Ni moralisateur, ni cynique.
Le film préfère la poésie au spectaculaire. Il choisit le minimalisme plutôt que l’alerte rouge. Et il ose même, au générique de fin, proposer des séances de relaxation. Gag absurde ? Pas seulement. Plutôt une invitation à respirer, à ralentir, à rester assis quelques minutes de plus dans la salle — comme pour retarder la sortie vers un monde qui, lui aussi, tremble un peu.
Peak Everything n’est pas un film catastrophe.
C’est un film sur notre fragilité contemporaine.
Et sur cette idée presque subversive : même quand tout vacille, tomber amoureux reste possible.
Et peut-être nécessaire.
Fiche technique :
Titre : Peak Everything (Amour Apocalypse)
Réalisation : Anne Émond
Avec : Patrick Hivon, Piper Perabo, Connor Jessup
Pays : Canada
Genre : Comédie romantique, drame
Date de sortie : 21 janvier 2026 (France) – 25 février 2026 (Belgique)
Durée : 1h34
Sélection : Quinzaine des cinéastes – Festival de Cannes 2025

