Fasciné par les États-Unis, Jean-Baptiste Thoret poursuit son exploration du mythe américain. Après avoir filmé les grands espaces dans Michael Cimino, un mirage américain, il plonge cette fois sous la surface. Littéralement.
Sous les néons aveuglants du Strip de Las Vegas, loin des jackpots et des façades scintillantes, s’étend un autre monde. Un monde sans lumière. Un labyrinthe de béton, humide, sombre, traversé par l’écho de l’eau et le grondement sourd de la ville au-dessus. Là, dans ces tunnels insalubres, des milliers de sans-abri survivent. The Neon People s’arrête sur quelques visages. Des regards fatigués. Des voix brisées. Mais encore vibrantes.
Deux heures. Le temps paraît long. On comprend vite le dispositif. Pourtant, cette durée devient une expérience. Elle nous fait ressentir l’attente, l’ennui, la répétition. Elle nous oblige à rester. À écouter. À voir. À partager le quotidien de ces vies suspendues — marginalité choisie pour certains, chute brutale pour d’autres.
Le contraste est vertigineux : au-dessus, les néons, l’illusion, la promesse du gain. En dessous, l’humidité, la pénombre, l’incertitude du lendemain. Le rêve américain se fissure. Le film n’accuse pas frontalement, il observe. Et dans cette observation naît une question : l’espoir est-il encore possible ici ? Peut-être. Mais il semble fragile, presque irréel, comme un mirage dans le désert du Nevada.
The Neon People est un film nécessaire. Parce qu’il rappelle que notre confort tient à peu de chose. Qu’un pas de côté, un accident, une faillite, peuvent faire basculer une existence. Et que, même au cœur de la plus grande puissance mondiale, des milliers d’êtres humains vivent sous terre, invisibles, oubliés — jusqu’à ce qu’une caméra ose descendre à leur rencontre.
Fiche technique :
Titre : The Neon People
Réalisation : Jean-Baptiste Thoret
Pays : France, Belgique
Genre : Documentaire
Date de sortie : 22 février 2026 (France) – 18 mars 2026 (France)
Durée : 2h04
