Qui dit mois de mai dit… Eurovision, bien entendu! Alors que la plupart des 40 délégations participantes (dont la RTBF et notre Jérémie Makiese national) sont déjà sur place pour participer aux premières répétitions, la ville de Turin, en Italie, se prépare doucement à accueillir le plus grand spectacle musical au monde les mardi 10, jeudi 12 et samedi 14 mai. Il est donc venu le temps pour moi de vous transmettre la bonne parole, celle qui vous permettra de ne pas être perdu durant cette sainte semaine du paysage audiovisuel européen! 

Je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler que c’est l’Italie qui l’a emporté en 2021 avec le groupe Måneskin et leur chanson « Zitti e Buoni ». Le concours, organisé a minima à Rotterdam, avait alors été surtout marqué par la pandémie de Covid qui avait d’ailleurs privé de scène les candidats islandais et Duncan Laurence, gagnant de l’édition 2019, tous testés positifs durant leur séjour hollandais. Cette année, le festival devrait se dérouler plus sereinement. L’Italie a levé récemment la plupart des mesures sanitaires et seule l’obligation du port d’un masque FFP2 pour les spectateurs du Pala Alpitour de Turin nous rappellera l’existence du virus. L’édition 2022 marquera surtout le retour des soirées Eurovision déjantées très prisées des fans qui se presseront à nouveau de l’Europe entière. 

C’est la ville de Turin, dans le nord de l’Italie, qui a donc été choisie pour accueillir la 66e édition du concours. Berceau de la richissime famille Agnelli, fondatrice du groupe automobile Fiat, c’est également à Turin que les premières expérimentations de la télévision italienne RAI ont eu lieu dans les années 50. Juste retour aux sources donc pour le télédistributeur public qui n’organise le concours que pour la troisième fois de son histoire (1965 à Naples et 1991 à Rome). 31 ans après, l’organisation italienne, qui avait déjà fait débat en 1991, fait à nouveau grincer quelques dents. Lenteur dans la vente des billets, difficultés techniques lors des répétitions, retard dans la construction du Eurovision Village, la RAI semble parfois un peu débordée, une désorganisation sans doute proportionnelle à son degré d’intérêt pour l’Eurovision, concours qui fascine bien moins que le festival local de San Remo qui passionne les foules chaque année, en février. 

A la présentation du concours, nous retrouverons deux stars internationales, la chanteuse Laura Pausini et le chanteur Mika. Ils seront accompagné.e.s de Alessandro Catellan, présentateur de télévision. Ils auront, entre autre, la chance d’introduire notre candidat, Jérémie Makiese, ancien gagnant de The Voice Belgique dont la chanson « Miss You » rencontre son petit succès sur les chaînes de radio du pays. Universal Music a mis les moyens pour mettre en avant leur jeune poulain. Jérémie se battra pour une place en finale lors de la deuxième demi-finale, le 12 mai. Il passera en 16e position. Vous pourrez bien entendu le suivre en direct sur la RTBF, le show sera commenté par Maureen Louys et Jean-Louis Lahaye (comme d’habitude) dès 21h. Alors quelles sont les chances de notre candidat? Même s’il ne figure pas parmi les favoris de cette édition, l’objectif principal reste d’atteindre la finale du samedi soir. C’est envisageable, on peut compter sur notre représentant pour faire le show (il sera accompagné de quatre danseurs). Attention cependant à la fatigue, Jérémie a montré quelques signes de faiblesse vocale mais il s’est mis au repos pour arriver en forme en Italie. 

Belgique – Jérémie Makiese – Miss You

Parmi les favoris de cette année, on retrouve surtout l’Ukraine. Ravagé par la guerre, le pays sera malgré tout présent sur la scène de l’Eurovision. Le groupe Kalush Orchestra, choisi avant que le conflit n’éclate, chante ‘Stefania’, une chanson en hommage à la mère du chanteur mais qui prend une toute autre dimension depuis l’invasion russe du pays. Les bookmakers placent en tout cas les ukrainiens largement en tête de leurs prédictions. Bénéficieront-ils d’un vote de compassion? Probablement. A voir si ce vote sera suffisamment massif pour porter une chanson pas forcément mainstream jusqu’à la victoire finale. 

Ukraine – Kalush Orchestra – Stefania

Deuxième des bookmakers, l’Italie! Les transalpins arriveront-ils à ravir le trophée pour la deuxième année d’affilée? Tous leurs espoirs reposent sur les épaules du duo formé par Mahmood et Blanco. Ils ont remporté le festival de San Remo avec leur chanson « Brividi », déjà un immense succès partout en Europe, carton sur Spotify, qui parle d’une histoire d’amour impossible. Un texte très touchant, une belle mélodie et deux charmants et talentueux jeunes hommes pour la défendre, le cocktail pourrait bien être efficace. A noter aussi que Mahmood n’est pas un inconnu du concours puisqu’il avait décroché la deuxième place en 2019 avec son tube « Soldi ». 

Italie – Mahmood & Blanco – Brividi

Ma favorite personnelle est la suédoise Cornelia Jakobs. La Suède, c’est le pays de l’Eurovision depuis le début des années 2000. Il court désormais après sa septième victoire, celle-ci permettrait aux nordiques de rejoindre l’Irlande au classement des pays les plus primés. Avec sa voix rauque, Cornelia propose une chanson efficace, moderne et très adaptée au concours, tout est bien en place, comme d’habitude avec les productions scandinaves. Et dans une édition assez indécise comme celle de 2022 avec beaucoup de candidat.e.s potentiel.le.s à la victoire finale, celui ou celle qui sera le/la plus fédérateur.rice pourrait bien emporter la timbale. 

Suède – Cornelia Jakobs – Hold me Closer

Enfin, je pointerai aussi le candidat britannique, Sam Ryder. Le Royaume-Uni collectionne les dernières places ces dernières années et semble avoir décidé de prendre le taureau par les cornes. Ils ont donc misé sur une star de TikTok, 12,3 millions d’abonnés, dont la chanson « Space Man », sans révolutionner l’histoire de la musique, rappelle quelques classiques de la pop britannique à la sauce Elton John. Il faut savoir que le réseau social chinois est devenu un des partenaires privilégiés du concours. Les images des premières répétitions ne sont d’ailleurs diffusées que sur TikTok (contrairement aux années précédentes où l’on pouvait les retrouver sur Youtube ou Instragram). Interdiction d’ailleurs pour les médias et journalistes présents sur place d’y assister, primauté au réseau social. Ce même réseau social qui avait rendu le groupe italien Måneskin très célèbre… Rebelote cette année? 

Royaume-Uni – Sam Ryder – Space Man

Pour être complet, on notera enfin que beaucoup de pays ont misé sur des chansons en langue nationale, voir même régionale, comme nos voisins français qui défendront leurs couleurs en breton. L’Eurovision, comme tous les ans, sera donc la grande vitrine de la diversité culturelle et musicale européenne. Je serai à Turin dès samedi pour vous faire vivre le concours au plus près… Stay Tuned! 

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