L’histoire vraie de Tony Kiritsis, un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?
Avec Dead Man’s Wire, Gus Van Sant ne signe pas un simple film de fait divers. Il livre un véritable exercice de style, presque une reconstitution sensorielle du cinéma policier américain des années 70.
Dès les premières images, le ton est donné :
la pellicule est sale, granuleuse, instable — comme arrachée à une autre époque. Van Sant ne cherche pas à moderniser le récit, il fait exactement l’inverse : il plonge le spectateur dans une matière cinématographique d’un autre temps.
L’image elle-même devient un langage. Elle se fissure, se fragmente, s’interrompt parfois pour laisser place à des photographies — en couleur ou en noir et blanc — comme autant de rappels brutaux : ce que vous regardez a existé.
Mais au-delà de cet habillage formel, c’est dans la tension humaine que le film trouve sa force.
Face à face, liés physiquement dans un dispositif aussi absurde que terrifiant, Bill Skarsgård et Dacre Montgomery livrent une performance d’une intensité rare.
Leur jeu ne repose pas sur l’esbroufe, mais sur une progression intérieure, une usure psychologique qui se lit dans les silences, les regards, les micro-variations. Leur relation devient le véritable moteur du film — un lien à la fois mécanique et tragiquement humain.
Et c’est là que Van Sant frappe juste : en reproduisant avec une précision presque obsessionnelle les codes des années 70, il ne tombe jamais dans la simple imitation. Il transforme cette esthétique en outil de mise à distance, presque documentaire, qui renforce la sensation de réel.
Dead Man’s Wire n’est pas un film spectaculaire.
C’est un film de texture, de tension, de regard.
Un film qui ne cherche pas à impressionner mais à immerger.
Fiche technique :
Titre : Dead Man’s Wire (La corde au cou)
Réalisation : Gus Van Sant
Avec : Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Colman Domingo, Myha’la Herrold, Cary Elwes, Al Pacino
Pays : États-Unis
Genre : Thriller, Drame
Date de sortie : 15 avril 2026 (Belgique – France)
Durée : 1h45

