Le Festival de Cannes vient de lever le voile sur sa 79ᵉ sélection officielle, et une annonce retient particulièrement l’attention : celle de Lukas Dhont, dont le nouveau long métrage Coward est sélectionné en Compétition. Une consécration qui dépasse le simple cadre d’une sélection, puisqu’elle inscrit le cinéaste dans l’histoire du festival.
Une trajectoire exceptionnelle
Avec Coward, Lukas Dhont devient le premier réalisateur flamand à voir trois de ses films sélectionnés en officielle à Cannes — un parcours remarquable en à peine quelques années.
Son premier long métrage, Girl, avait marqué les esprits en 2018 dans la section Un Certain Regard, où il remportait la Caméra d’Or. Quatre ans plus tard, Close entrait en Compétition officielle et décrochait le prestigieux Grand Prix.
Avec Coward, Dhont confirme une ascension fulgurante et s’impose définitivement comme l’une des voix majeures du cinéma européen contemporain.
Un drame de guerre intime et ambitieux
Présenté en première mondiale en mai prochain, Coward nous plonge au cœur de la Première Guerre mondiale. Le film suit Pierre, un jeune soldat déterminé à faire ses preuves au front, qui croise la route de Francis, chargé de maintenir le moral des troupes à l’arrière.
Fidèle à son approche sensible, Lukas Dhont choisit ici deux visages encore peu connus — Emmanuel Macchia et Valentin Campagne — pour incarner ses personnages. Un choix qui prolonge son goût pour des interprétations à fleur de peau, déjà au cœur de ses précédents films.
Le cinéaste décrit lui-même Coward comme son projet le plus ambitieux :
un film « sur l’amour et la mort, la construction et la destruction », mais aussi « sur la survie » et la capacité de faire émerger de la beauté au cœur de l’obscurité. Une œuvre qui rend hommage à celles et ceux que l’Histoire a contraints à combattre — et à ceux qui ont tenté d’y échapper.

Une fidélité artistique et une production internationale
Pour ce nouveau film, Dhont s’entoure de ses collaborateurs de longue date, notamment le scénariste Angelo Tijssens, avec qui il coécrit le scénario. À la photographie, on retrouve Frank Van den Eeden, tandis que le montage est assuré par Alain Dessauvage.
La production est portée par The Reunion, la société fondée par Lukas et Michiel Dhont, en collaboration avec plusieurs partenaires européens, dont Versus Production côté francophone.
Le projet bénéficie d’un solide réseau de financements internationaux, réunissant notamment le Vlaams Audiovisueel Fonds, la Fédération Wallonie-Bruxelles, le CNC ou encore Eurimages — confirmant la dimension profondément européenne de cette production.
Un rendez-vous attendu à Cannes
Distribué par Lumière au Benelux et par Diaphana Distribution en France, Coward sortira en salles à l’automne. Mais c’est bien à Cannes, en mai prochain, que le film jouera sa première partition face au monde.
À travers cette sélection, Lukas Dhont ne signe pas seulement un retour attendu sur la Croisette. Il confirme, film après film, sa capacité à conjuguer puissance émotionnelle et regard politique, tout en explorant les zones les plus fragiles de l’intime.
Avec Coward, c’est toute une génération de cinéma belge qui continue de s’affirmer — et de regarder le monde droit dans les yeux.
