Mostra de Venise 2026 : ce qu’il faut savoir sur la 83e édition du plus vieux festival de cinéma au monde

Du 2 au 12 septembre 2026, la Mostra Internationale d’Art Cinématographique de Venise pose à nouveau ses valises sur le Lido pour sa 83e édition. Fondée en 1932, elle est le plus ancien festival de cinéma du monde et reste, aux côtés de Cannes et Berlin, l’un des trois rendez-vous les plus prestigieux du calendrier cinématographique international. Sa récompense suprême, le Lion d’or, couronne chaque année une œuvre qui marque durablement l’histoire du septième art, et la Mostra s’est imposée ces dernières années comme un tremplin incontournable vers la saison des Oscars, de nombreux lauréats vénitiens se retrouvant ensuite sur la route des cérémonies américaines.

À quoi s’attendre cette année

Cette édition 2026 sera présidée par l’actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal, elle-même distinguée à Venise en 2021 par le prix du meilleur scénario pour son premier long métrage. Elle sera entourée d’un jury international composé notamment de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, du cinéaste français Xavier Giannoli, du réalisateur hongkongais Johnnie To, de la cinéaste afghane Shahrbanoo Sadat, du compositeur britannique Daniel Blumberg et du théoricien italien Francesco Casetti.

Le festival s’ouvrira avec Ink de Danny Boyle, adaptation de la pièce de James Graham consacrée à la transformation de la presse britannique, portée par Guy Pearce dans le rôle de Rupert Murdoch et Jack O’Connell dans celui de Larry Lamb. Une pré-ouverture est prévue dès le 1er septembre, avec la projection restaurée de Deadly Sweet de Tinto Brass (1967) dans la section Venice Classics. Deux légendes du cinéma seront par ailleurs distinguées d’un Lion d’or d’honneur pour l’ensemble de leur carrière : George Clooney et Ellen Burstyn. Les cérémonies d’ouverture et de clôture seront présentées par Greta Scarano et Nicolas Maupas.

Comme chaque année, la programmation s’organise en plusieurs sections : la Compétition officielle Venezia 83, qui joue les Lions d’or ; Orizzonti, dédiée aux formes les plus novatrices du cinéma contemporain ; Venice Spotlight, Venice Classics pour le patrimoine restauré, Venice Immersive pour les expériences en réalité virtuelle, ainsi que la Biennale College Cinema, qui accompagne de jeunes cinéastes vers leur premier ou second long métrage.

Trois films à suivre en section Orizzonti

Parmi la sélection Orizzonti, plusieurs films venus des quatre coins du monde méritent l’attention.

Lovers in the Blue Night, de la réalisatrice indienne Anuparna Roy (déjà distinguée à Venise), suit à Mumbai le destin croisé de quatre personnages en quête d’amour et d’appartenance : Karim, homme discret marié sans bonheur à Ameena, se laisse gagner par un désir interdit pour Sukka, petit voleur des rues, tandis qu’Ameena, persuadée que des lettres mystérieuses lui étaient destinées, développe des sentiments pour le maquereau du bar où elle travaille. Un film tourné en hindi qui explore comment amour, illusion et survie s’entremêlent dans les marges de la mégapole indienne.

House of the Wind (La Maison du Vent), du réalisateur camerounais Auguste Bernard Kouemo Yanghu, dresse le portrait de Josette, 80 ans, qui vit seule à Yaoundé après le départ de tous ses enfants vers l’Occident. Pour tenter de les faire revenir, elle les encourage à construire des maisons au Cameroun. Mais le lien inattendu qu’elle tisse avec Sarah, une jeune femme de son quartier, vient ébranler tout ce sur quoi elle a bâti son existence : sa famille, ses responsabilités, ses espoirs. Une coproduction entre le Cameroun, la France, la Belgique, le Bénin, l’Arabie saoudite et le Qatar.

Enfin, I Figli della Scimmia (Children of the Monkey), premier long métrage de l’Italien Tommaso Landucci, porté par Riccardo Scamarcio et Fausto Russo Alesi, s’inspire d’une fable d’Ésope sur une guenon qui ne protège que le petit qu’elle préfère. Le film suit Dario, père d’un enfant en situation de handicap, qui développe avec son neveu adolescent un lien de plus en plus profond, dans lequel il projette le fils qu’il aurait voulu avoir. Ce jeu de projections et de désirs inassouvis finit par déstabiliser tout l’équilibre familial. Le réalisateur y interroge un tabou rarement montré à l’écran : le deuil de l’enfant imaginé, que traversent certains parents à l’annonce du handicap de leur nouveau-né.

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