Du 10 au 20 septembre 2026, le Toronto International Film Festival (TIFF) tiendra sa 51e édition. Moins tourné vers la compétition officielle que Cannes, Venise ou Berlin, le TIFF s’est imposé au fil des décennies comme le grand rendez-vous nord-américain du cinéma d’auteur et le véritable coup d’envoi de la saison des Oscars. Son prix du public, le People’s Choice Award, est devenu un baromètre redouté : des films comme Slumdog Millionaire, The King’s Speech, 12 Years a Slave, La La Land ou Green Book l’ont tous remporté avant de rafler nominations et statuettes aux Academy Awards.
À quoi s’attendre cette année
Cette édition 2026 réunira des œuvres venues de près de trente pays, avec au programme des cinéastes aussi renommés que Pedro Almodóvar, Danny Boyle, Hirokazu Kore-eda, Mike Leigh ou Cristian Mungiu. Le festival s’ouvrira avec Children Untold de la réalisatrice japonaise Miwa Nishikawa et se clôturera avec Villeneuve: The Rise of a Legend de Yan Lanouette Turgeon. La programmation s’articule autour de plusieurs grands programmes, dont Gala Presentations (25 films), Special Presentations (29 films), Discovery (25 films) et Platform (12 films), ainsi que la toute première édition de TIFF: The Market, un marché du film qui se tiendra dans les premiers jours du festival au Metro Toronto Convention Centre.
Nouveauté de cette édition : le programme Platform, dédié à la nouvelle génération de cinéastes auteurs, offre désormais au film non anglophone qui remporte son prix un accès direct à la présélection de l’Oscar du meilleur film international pour la cérémonie 2027 — plaçant le TIFF parmi les six seuls festivals au monde à offrir un tel privilège. Cette compétition de 12 films sera jugée par un jury international présidé par le réalisateur argentin Pablo Trapero, entouré d’Amma Asante, Sylvia Chang, Luc Déry et Albert Lee.
Deux films à suivre
Parmi les films les plus attendus du festival figure Djinn Wedding (Cinlerin Düğünü), du réalisateur turc Ferit Karahan, sélectionné au sein du programme Platform. Il fera sa première mondiale à Toronto aux côtés d’œuvres venues d’Inde, du Japon, d’Italie, du Brésil ou encore de Corée du Sud. Le film suit quatre frères et sœurs longtemps brouillés qui se retrouvent dans leur village isolé d’Anatolie à l’occasion du mariage de leur sœur, où des souvenirs enfouis refont surface. Porté par Demet Özdemir, Kaan Yıldırım, İlhan Şen et Helin Kandemir, le film s’inscrit dans la lignée des précédents drames de Karahan consacrés à l’enfance et aux non-dits familiaux.
Memories of a Forest, de la réalisatrice autrichienne Katharina Rabl, sera quant à lui présenté dans la section Discovery, dédiée aux premiers ou seconds longs métrages émergents. Le film suit Frieda, doctorante qui hérite d’une forêt d’épicéas dans l’Autriche rurale à la mort de sa grand-mère. Pour faire face aux difficultés financières de sa famille, elle tente de vendre le bois de la forêt, avant de découvrir que les arbres sont infestés par le scolyte. Confrontée à cet héritage à la fois matériel et affectif, elle se retrouve face aux schémas familiaux dans lesquels des générations de femmes de sa lignée sont restées prisonnières. Présenté une première fois au Festival de Munich, le film poursuit sa route à Toronto pour sa présentation nord-américaine.
