Avec Paper Tiger, James Gray revient à un territoire qu’il connaît parfaitement : New York, la famille, le crime, les liens fraternels et le rêve américain qui finit par se fissurer.
Présenté en compétition officielle à Cannes, le film raconte l’histoire de deux frères qui se lancent dans une affaire censée améliorer leur quotidien avant de se retrouver pris dans un engrenage criminel.
Tout fonctionne très bien.
Le récit est sombre, tendu, parfaitement maîtrisé. James Gray sait construire une atmosphère, installer la menace et faire monter la tension sans jamais forcer les effets. Les acteurs sont solides et le film se regarde avec beaucoup de plaisir.
Mais pendant toute la projection, j’ai aussi eu l’impression d’avoir déjà vu ce cinéma.
Les rues de New York, les restaurants, les costumes, les combines, les mafieux, les frères qui s’aiment autant qu’ils se déchirent… Paper Tiger convoque toute une mémoire du polar américain, des années 1970 et 1980 jusqu’à Scorsese ou Sidney Lumet.
James Gray n’invente donc pas grand-chose ici.
Est-ce vraiment un problème ? Pas forcément.
Car il maîtrise parfaitement cette grammaire et signe un polar efficace, élégant et bien ficelé.
En revanche, je ne suis pas certain que cela suffise à en faire un grand film. Les enjeux restent finalement assez modestes et le récit ne dépasse jamais vraiment les codes du genre.
Paper Tiger est donc avant tout un très bon polar : sombre, classique, divertissant et parfaitement maîtrisé.
Pas forcément un grand film.
Mais certainement un bon.
Fiche technique :
Titre : Paper Tiger
Réalisation : James Gray
Avec : Scarlett Johansson, Adam Driver, Miles Teller, Dimiter Marinov
Pays : États-Unis, Italie, Brésil
Genre : Drame, Policier, Thriller
Date de sortie : 25 novembre 2026 (Belgique – France)
Durée : 1h55
Sélection : Compétition officielle – Festival de Cannes 2026

