ANNECY 2026 : « Julián » de Louise Bagnall

Avec Julián, Louise Bagnall signe un film d’animation d’une infinie tendresse. Adapté du livre Julián Is a Mermaid de Jessica Love, le film raconte l’été d’un petit garçon de sept ans chez sa grand-mère, à Brooklyn. Inspiré par les récits magiques qu’elle lui raconte, par les femmes qu’il croise dans son quartier et par l’imaginaire coloré qui l’entoure, Julián rêve de devenir une sirène.

Il y a quelque chose de profondément mignon dans le style d’animation du film. Les dessins semblent respirer la douceur, la chaleur de l’été, le bruit de la rue, les couleurs de l’enfance. Tout est délicat, jamais forcé. Le film avance avec une simplicité désarmante, comme une promenade dans un quartier où chaque visage, chaque rencontre, chaque geste peut devenir une invitation à rêver plus grand.

Mais derrière cette apparente légèreté, Julián porte un message essentiel. Le film ne cherche pas à expliquer, à théoriser ou à imposer quoi que ce soit. Il montre simplement un enfant qui se découvre. Julián ne joue pas à être quelqu’un d’autre. Il exprime ce qu’il ressent, ce qui l’attire, ce qui le rend heureux. Lorsqu’il a envie de devenir une sirène pour participer à la parade et accompagner ses copines de rue, il ne fait de mal à personne. Il cherche seulement à être pleinement lui-même.

C’est là que le film devient précieux. Julián devrait être vu par les enfants, mais aussi par les parents, les grands-parents, les adultes qui accompagnent l’enfance. Il rappelle qu’un enfant naît avec sa sensibilité, ses désirs, ses couleurs, ses élans. Notre rôle n’est pas de les réduire, de les corriger ou de les faire entrer de force dans une case. Notre rôle est de les accueillir. Accepter son enfant ou son petit-enfant tel qu’il est rendrait le monde tellement plus beau, plus inclusif, plus bienveillant, plus heureux.

La relation entre Julián et sa grand-mère est au cœur de cette émotion. Le film ne dramatise pas inutilement. Il ne transforme pas la différence en conflit spectaculaire. Il choisit au contraire la voie de la douceur, du regard, de la compréhension. Et c’est précisément cette retenue qui touche. Un simple geste d’acceptation peut parfois devenir le plus grand des cadeaux. Il peut permettre à un enfant de se sentir légitime, aimé, libre.

Julián est un film rempli de bonheur et de bienveillance. Il parle d’identité, d’imaginaire, de transmission, mais surtout d’amour. Il montre combien le monde pourrait être plus simple si nous laissions les enfants se révéler au lieu de leur apprendre à se cacher. Sa beauté tient à cette évidence : être soi ne devrait jamais être un combat.

Avec son animation tendre, son univers lumineux et son message profondément humain, Julián est une petite merveille. Un film doux comme une caresse, nécessaire comme une leçon de vie, et joyeux comme une parade dans laquelle chacun aurait enfin le droit d’avancer tel qu’il est.

Fiche technique :
Titre : Julián
Réalisation : Louise Bagnall
Pays : Irlande, Canada, Luxembourg, Danemark
Genre : Animation
Date de sortie : prochainement
Durée : 1h25

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *