CANNES 2026 : Barbra Streisand, Palme d’or d’honneur du 79e Festival de Cannes

Icône absolue du spectacle américain, artiste totale et figure majeure de la culture populaire, Barbra Streisand recevra une Palme d’or d’honneur lors de la cérémonie du palmarès du Festival de Cannes, le 23 mai. Une distinction qui célèbre une carrière exceptionnelle, où se mêlent cinéma, musique, engagement et indépendance artistique.

Actrice, réalisatrice, productrice, scénariste, chanteuse et auteure-compositrice, Barbra Streisand a traversé plus d’un demi-siècle de culture populaire en incarnant, pour beaucoup, l’une des plus puissantes expressions du rêve américain.

« C’est avec fierté et une profonde humilité que j’ai le bonheur de rejoindre le cercle des lauréats de la Palme d’or d’honneur », a-t-elle déclaré. « En ces temps difficiles, le cinéma a le pouvoir d’ouvrir nos cœurs et nos esprits à des histoires qui reflètent notre humanité commune. Il transcende les frontières et la politique, et rappelle combien l’imagination peut contribuer à façonner un monde plus compatissant. »


Une carrière aux sommets du spectacle

Les chiffres seuls suffiraient presque à résumer l’ampleur du phénomène Streisand.
Au cinéma, elle compte 19 rôles et 3 réalisations, couronnés notamment par deux Oscars. En 1977, elle devient la première femme récompensée pour la meilleure chanson originale. Quelques années plus tard, en 1984, elle est également la première femme à remporter le Golden Globe de la meilleure réalisation.

Dans le domaine musical, sa carrière est tout aussi vertigineuse :

  • 37 albums studio,
  • 13 bandes originales,
  • 10 Grammy Awards,
  • et un record unique : être la seule artiste à avoir atteint la première place des ventes d’albums pendant six décennies consécutives.

Longtemps, elle a également détenu le record du plus grand nombre d’albums classés numéro un pour une artiste féminine.

Mais au-delà des récompenses, c’est son influence sur la culture populaire de la seconde moitié du XXᵉ siècle qui marque durablement l’histoire du divertissement.


Une artiste libre et pionnière

La présidente du Festival de Cannes, Iris Knobloch, voit en elle bien plus qu’une star :

« Nous souhaitions cette année saluer une artiste qui s’est imposée par la force de son art et l’exigence de sa liberté. En tant que femme, je me réjouis de pouvoir dire notre admiration pour cette créatrice absolue, cette citoyenne courageuse dont l’exemple continue d’inspirer. »

La carrière de Streisand est en effet marquée par une détermination hors norme. L’exemple le plus emblématique reste son film Yentl.

Touchée dès 1963 par une nouvelle de Isaac Bashevis Singer, elle en acquiert les droits mais devra attendre vingt ansavant de pouvoir porter l’histoire à l’écran. Face aux résistances d’Hollywood, elle décide finalement de produire, adapter, réaliser et interpréter elle-même le film.

Avec Yentl, elle entre dans l’histoire : c’est la première fois qu’un studio hollywoodien confie un budget aussi important à une femme réalisatrice.

Elle poursuivra ensuite sa carrière derrière la caméra avec

  • The Prince of Tides, nommé sept fois aux Oscars,
  • et The Mirror Has Two Faces, adaptation du film d’André Cayatte.

De Broadway à Hollywood

Rien ne prédestinait pourtant la jeune Barbra Streisand à un tel destin. Passionnée de théâtre depuis l’enfance, elle commence par chanter dans les cabarets new-yorkais presque par nécessité.

La suite relève de la trajectoire météorique :

  • 18 ans : elle triomphe dans les clubs de Manhattan
  • 20 ans : elle s’impose à Broadway
  • 21 ans : elle sort son premier album
  • 26 ans : elle conquiert Hollywood avec Funny Girl de William Wyler, qui lui vaut son premier Oscar.

Comédienne magnétique et chanteuse à la voix de mezzo-soprano immédiatement reconnaissable, Streisand s’illustre dans une grande variété de registres.

Elle brille dans les comédies musicales comme

  • Hello, Dolly!
  • et A Star Is Born.

Elle triomphe également dans les comédies hollywoodiennes, notamment

  • The Owl and the Pussycat
  • ou What’s Up, Doc?.

Mais elle révèle aussi une intensité dramatique remarquable dans des films comme

  • The Way We Were,
  • ou Nuts.

Une artiste engagée

Parallèlement à sa carrière artistique, Barbra Streisand n’a cessé de s’engager dans de nombreuses causes. Elle soutient notamment la recherche sur les maladies cardiovasculaires chez les femmes avec le Barbra Streisand Women’s Heart Center du Cedars-Sinai Medical Center.

À travers la Streisand Foundation, qu’elle fonde en 1986, elle défend également l’égalité des genres, les droits des minorités et des personnes LGBTQ+, la protection de l’environnement, la recherche médicale et l’éducation artistique pour les enfants défavorisés.


La rencontre d’une légende et de Cannes

Pour le délégué général du festival, Thierry Frémaux, Barbra Streisand incarne une synthèse unique dans l’histoire du spectacle :

« Star planétaire, Barbra Streisand est avant tout une artiste qui initie des projets qui lui ressemblent et qu’elle partage avec le monde entier. Elle est la synthèse légendaire entre Broadway et Hollywood, entre la scène du music-hall et le grand écran. »

En accueillant pour la première fois cette figure mythique sur la Croisette, le Festival de Cannes célèbre non seulement une carrière exceptionnelle, mais aussi une personnalité qui a marqué durablement l’imaginaire collectif.

Une arrivée qui pourrait presque être saluée par l’une de ses répliques les plus célèbres :

« Hello, Gorgeous! »

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