CANNES 2026 : un live perdu dans les limbes de Meta, entre Pride bruxelloise et cinéma cannois

Ce samedi 16 mai 2026, le live quotidien de Mister Emma et Nicolas Gilson, programmateur du Cinéma Palace à Bruxelles, ne s’est pas tout à fait déroulé comme prévu.

D’un côté, Mister Emma tentait de suivre les critiques cannoises depuis la Marche des Fiertés à Bruxelles, entouré par la parade, les paillettes, les shows, la musique et l’énergie joyeusement débordante de la Pride. De l’autre, Nicolas Gilson poursuivait son marathon cinéphile depuis Cannes… avant de tenter, en plein direct, de rattraper son téléphone qui menaçait de faire une chute de dix mètres, s’ouvrant le doigt dans la manœuvre.

Et comme si cela ne suffisait pas, au moment de clôturer le live, impossible de l’enregistrer. La conversation a donc disparu quelque part dans les limbes de Meta. Un live fantôme, en somme, mais une journée de cinéma bien réelle, avec cinq films vus par Nicolas Gilson.

En compétition officielle, Nicolas Gilson a découvert Gentle Monster de Marie Kreutzer, avec Léa SeydouxJella Haase et Laurence Rupp. Le film suit Lucy et Philip, installés avec leur fils dans une maison de campagne près de Munich. Leur vie bascule lorsque la police vient arrêter Philip et saisir ses ordinateurs. Lucy se retrouve alors face à une question vertigineuse : qui est réellement l’homme avec lequel elle partage sa vie, et peut-elle encore le laisser approcher leur enfant ? Un drame psychologique puissant, porté par une Léa Seydoux foudroyante, dans un scénario qui prend aux tripes et aux larmes.

Dans la section Un Certain Regard, le live — désormais disparu — devait aussi revenir sur Club Kid, premier long métrage de Jordan Firstman, avec Miss BennyCara Delevingne et Diego Calva. Nicolas Gilson a adoré le film, et il n’est visiblement pas le seul : depuis sa projection, les critiques de cinéma l’encensent. Le film raconte l’histoire d’un organisateur de soirées underground soudain contraint de s’occuper d’un fils dont il ignorait l’existence. Derrière le monde de la nuit et l’énergie queer des clubs, Club Kid semble ouvrir un récit plus tendre sur la responsabilité, la filiation et le passage brutal à l’âge adulte.

Toujours à Un Certain RegardTon animal maternel de Valentina Maurel ramène le spectateur au Costa Rica. Cette coproduction belge suit Elsa, de retour au pays après des études en Europe, qui retrouve sa petite sœur Amalia seule dans la maison familiale, de plus en plus enfermée dans des croyances ésotériques. Face à des parents absents ou dépassés, Elsa tente de comprendre ce qui se joue dans cette famille où les liens entre femmes deviennent le cœur du récit.

Mais le grand choc de cette journée semble venir de Si tu penses bien, présenté à Cannes Première. Réalisé par Géraldine Nakache, le film met en scène Monia ChokriNiels Schneider et Clémentine Célarié. À Dubaï, Gil rencontre Jacques. Le coup de foudre débouche sur un mariage précipité, avant que n’apparaisse une fracture profonde : Gil ne partage pas la foi dévorante de son mari, qui tente peu à peu de la soumettre à sa vision du monde. Un sujet fort, qui a bouleversé la Croisette, porté par un Niels Schneider méconnaissable et une Clémentine Célarié impressionnantedans un rôle qui marque les esprits.

Enfin, direction la Quinzaine des Cinéastes avec The Diary of a Chambermaid — Le Journal d’une femme de chambre— de Radu Jude. Le film suit Gianina, une jeune Roumaine employée comme femme de ménage dans une famille bourgeoise à Bordeaux. Le soir, elle répète dans une troupe de théâtre amateur une adaptation du roman d’Octave Mirbeau, tandis qu’elle s’occupe du fils de ses employeurs et que sa propre fille grandit loin d’elle, en Roumanie. Le casting réunit notamment Ana DumitrașcuMarie RivièreMélanie Thierry et Vincent Macaigne.

Entre la Croisette et les rues de Bruxelles, ce live du 16 mai restera donc comme un épisode à part : un rendez-vous entre cinéma, Pride, téléphone en perdition, doigt ouvert et bug final. Il n’en reste aucune archive vidéo, mais il en reste une histoire — et peut-être, finalement, c’est déjà très cannois.

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