CINEMA : « Chers Parents » de Emmanuel Patron

Adaptation cinématographique de la pièce de théâtre éponyme, Chers Parents s’inscrit d’emblée dans une tradition bien française : celle de la comédie de mœurs, efficace, bavarde et construite autour d’un savoureux jeu de tensions familiales. Alice et Vincent Gauthier, jeunes pensionnés, convoquent en urgence leurs trois enfants. La fratrie débarque affolée, redoutant le pire. Mais la catastrophe annoncée se transforme rapidement en surprise : leurs parents ont simplement décidé de partir au Cambodge pour y fonder un orphelinat.

Du moins, c’est la version officielle du premier soir.
Car très vite, le vernis se craquelle. Les enfants découvrent que leurs parents ont en réalité gagné à l’EuroMillions — et surtout qu’ils n’ont aucune intention d’en dépenser le moindre centime pour eux. À partir de là, tout s’emballe.

Comme dans un vaudeville bien huilé, les portes claquent, les non-dits explosent et les situations s’enchaînent jusqu’à l’absurde. Le film se déploie presque entièrement en huis clos, jouant sur les rapports de force, les frustrations accumulées et les rancœurs familiales longtemps enfouies. Les dialogues sont nombreux, parfois très écrits — héritage assumé de la scène — et le plaisir vient avant tout du face-à-face entre les personnages.

La proposition cinématographique reste cependant très classique, voire sage. La mise en scène se contente souvent d’accompagner le texte, sans réelle prise de risque visuelle. Le rythme, inégal, alterne entre moments efficaces et temps morts plus difficiles à digérer. Certaines situations s’étirent, certaines répétitions alourdissent le propos, donnant parfois l’impression d’assister davantage à une captation théâtrale qu’à une véritable relecture pour le grand écran.

Cela dit, Chers Parents remplit honnêtement son contrat : faire rire, provoquer la reconnaissance, mettre le doigt là où ça fait (un peu) mal. Le film repose sur un parterre d’acteurs et d’actrices chevronnés, visiblement à l’aise dans cet exercice de ping-pong verbal. Le public visé — sans doute plus âgé — y trouvera un divertissement rassurant, familial, sans aspérité excessive.

Une comédie sympathique, légère, parfois un peu lourde à avaler, mais qui assume pleinement son classicisme. Un film que l’on regarde comme on assiste à une pièce de boulevard : sans grande surprise, mais avec le sourire.

Fiche technique :
Titre : Chers Parents
Réalisation : Emmanuel Patron
Avec : Miou-Miou, André Dussollier, Arnaud Ducret, Thomas Solivérès, Pauline Clément
Pays : France, Belgique
Genre : Comédie
Date de sortie : 25 février 2026 (Belgique – France)
Durée : 1h32

Affiche du film « Chers Parents » de Emmanuel Patron

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