Dans moins de deux ans, le mythique Chelsea Hotel, refuge d’artistes à New York depuis plus d’un siècle et emblème de la contre-culture des années 60, sera transformé en hôtel de luxe. Cinquante et un résidents désormais âgés y vivent encore, au beau milieu des travaux. Entre crainte et excitation, la chorégraphe octogénaire Merle Lister, le gourou Baba, la performeuse trans-genre Rose Wood et les autres se préparent au grand bouleversement. Alors que la machine capitaliste s’apprête à avaler le Chelsea, le film interroge ce qui semble la faire dérailler : des lois, des humains et leurs rêves.

J’attendais ce film avec beaucoup d’impatience car le Chelsea Hôtel a une histoire dans ma vie. Celle d’un décor pour les œuvres vidéos de l’artiste Nelson Sullivan qui a inspiré mon travail en tant que Mister Emma, celle d’une rencontre avec Picture Girl un matin devant le bâtiment. Alors que j’étais en train de filmer la devanture, une dame s’arrête et me demande ce que je filme, quelle est la marque de ma caméra. Nous ne nous sommes plus quittés et je suis resté avec elle, chez elle, dans son appartement au Chelsea Hôtel pendant une semaine. Elle fait partie de mes souvenirs les plus intimes et personnels.

« Dreaming Walls » est notamment produit par Martin Scorcese… qui a préfacé un des livres de photographies de Martine Barrat alias « Picture Girl ». Vous ne l’a verrez pas dans le film car elle déteste être filmée mais vous découvrirez les incroyables Merle et Bettina.

Ma vidéo a 10 ans, le Chelsea allait démarrer ses travaux de rénovation, 10 ans plus tard, le documentaire Dreaming Walls montrent les inlassables transformations qui mènent une vie intenable à ces satanés résidents qui ne veulent pas partir. Le Chelsea Hôtel est mort pour de l’argent mais tous les bobos du monde entier s’y presseront pour un post Instagram comme s’il y vivaient la vie des artistes de cette institution unique.

Le film est rempli de tristesse, de nostalgie. Il dépeint une époque de la vie new-yorkaise qui n’existe plus qu’à travers quelques fantômes.

Enfin, ce film est important pour moi car il est réalisé par Amélie van Elmbt que j’avais rencontré à Cannes alors qu’elle présentait son premier long métrage « La tête la première » dans le section ACid. Et puis, il y a Joaquim Philippe à la caméra qui, il y a bien longtemps, avait sonné à la porte de ma société de production pour faire un stage d’école avec son pote Didier Minne (avec qui j’ai réalisé 60 Miles a Day en 2020). Je leur avais confié ma caméra et ils avaient réalisés un court métrage magnifique sur l’envers du décor du cinéma Aventure au centre de Bruxelles.

Fiche technique :
Titre : Dreaming Walls
Réalisation : Amélie van Elmbt, Maya Duverdier
Avec : Laure Calamy, Doria Tillier, Dominique Blanc, Jacques Weber, Suzanne Clément, Céleste Brunnquell, Naidra AyadiPays : Belgique, France, États-Unis, Pays-Bas, Suède
Genre : Documentaire historique
Date de sortie : 09/11/2022 (Belgique)
Durée : 1h20

Affiche du film « Dreaming Walls » de Amélie van Elmbt et Maya Duverdier