Il y a des franchises qui accompagnent une génération. Et puis il y a Toy Story. Lorsqu’en 1995 Pixar révolutionne le cinéma d’animation avec le premier long métrage entièrement réalisé en images de synthèse, personne ne pouvait sans doute imaginer que Woody, Buzz l’Éclair, Jessie, Rex, Zigzag, Monsieur Patate et tous les autres deviendraient bien plus que des personnages : des compagnons de route, des figures familières, presque des amis d’enfance.
Depuis près de trente ans, la saga Toy Story a grandi avec son public. Elle a d’abord raconté la jalousie de Woody face à l’arrivée de Buzz, puis l’amitié, l’abandon, la transmission, le passage du temps, la peur de ne plus être aimé, et cette question si simple en apparence : que deviennent les jouets lorsque les enfants grandissent ? Chaque épisode aurait pu être celui de trop. Chaque fois, pourtant, Pixar a réussi à retrouver le cœur battant de son histoire : l’attachement, la loyauté, la mélancolie douce de l’enfance qui s’éloigne.
Ce mercredi 17 juin, Toy Story 5 arrive au cinéma et nous offre le plaisir immédiat de retrouver cette bande que l’on connaît par cœur. Woody, Buzz, Jessie et les autres sont de retour, mais le monde autour d’eux a changé. Les enfants ne regardent plus seulement vers les coffres à jouets : ils se tournent désormais vers les écrans, les tablettes, les objets connectés. C’est dans ce contexte qu’apparaît Lilypad, une tablette connectée en forme de grenouille, nouvelle venue aussi séduisante qu’inquiétante. Dotée des dernières technologies, prête à capter toute l’attention des enfants, elle s’impose rapidement comme une redoutable rivale pour les jouets traditionnels.
L’idée est simple, presque évidente, mais elle fonctionne parce qu’elle touche à une réalité très contemporaine. Toy Story 5 ne se contente pas d’opposer brutalement les jouets d’hier aux écrans d’aujourd’hui. Le film s’interroge plutôt sur la place du jeu dans une enfance saturée de technologie. Qu’est-ce que jouer signifie encore lorsque l’imagination est concurrencée par des interfaces lumineuses, interactives, toujours disponibles ? Et comment les jouets peuvent-ils encore exister dans un monde où l’attention des enfants est devenue le plus précieux des trésors ?
D’épisode en épisode, la saga ne perd pas en qualité. Au contraire, elle semble trouver dans chaque nouvelle époque un sujet capable de réactiver son émotion première. On retrouve ici ce mélange si particulier d’humour, d’aventure, de tendresse et de nostalgie qui a fait la force de la franchise.
La grande réussite de ce cinquième opus est de ne pas transformer la technologie en ennemie absolue. Lilypad est une menace, certes, mais le film évite le discours moralisateur trop facile. Sa conclusion est plus nuancée : jouer avec des jouets reste primordial, car cela permet d’inventer, de manipuler, de rêver, de construire des histoires avec ses mains et son imagination. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faille jeter les jeux vidéo et les tablettes à la poubelle. Le message est ailleurs : les deux univers peuvent coexister, à condition que la technologie ne remplace pas totalement le jeu libre, mais vienne éventuellement le compléter.
Retrouver Woody, Buzz, Jessie et toute la bande, c’est finalement retrouver une part de notre propre enfance. Et si le monde a changé depuis 1995, si les chambres d’enfants se sont remplies d’écrans et d’objets connectés, Toy Story 5 nous rappelle avec douceur qu’un jouet n’est jamais seulement un objet. C’est un déclencheur d’imaginaire, un compagnon silencieux, un partenaire d’aventure. Et cela, aucune technologie ne pourra vraiment le remplacer.
Fiche technique :
Titre : Toy Story 5
Réalisation : Andrew Stanton
Avec : Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack
Pays : États-Unis
Genre : Animation
Date de sortie : 17 juin 2026 (Belgique – France)
Durée : 1h42

