Professeure de français dans une école laïque bruxelloise, Amal encourage ses élèves à cultiver la passion de la lecture, revendiquer la liberté d’expression et prôner l’acceptation de l’autre. Mais son franc-parler dérange une partie de la communauté musulmane, qui s’oppose à ses méthodes pédagogiques avec virulence. Pourtant, Amal résiste et ne se laisse pas envahir par la peur. Surtout lorsqu’elle doit venir en aide à l’une de ses étudiantes, la discrète Monia, qui, soupçonnée d’être homosexuelle, est agressée, harcelée et menacée.

Ce film est poignant et fait bien évidemment référence aux agressions parfois meurtrières de professeurs – notamment en France – qui parlent de faits qui ne plaisent pas à certain·es musulman·es qui les considèrent contraire à l’Islam.

Le personnage d’Amal est poignant car elle a décidé de ne pas infantiliser les étudiant·es adolescent·es qu’elle a en face d’elle, elle cherche l’ouverture, le partage, la discussion, l’ouverture vers l’autre… ce que devrait représenter les religions… mais non, les humains en ont fait une arme de guerre et de haine…

Amal parle de tout sans tabou au péril de sa vie, de celle de sa famille et des élèves qu’elle tente de protéger.

Le personnage de Monia étant lesbienne, le film aborde les questions de l’homosexualité et des genres dans la communauté musulmane et, au risque d’en décevoir certain·e, les personnes LGBTQIA+ ne sont pas une invention de l’occident, elles existent chez les musulmans, chez les orthodoxes et partout sur cette planète !

Le film aborde la question des cours de religions dans nos écoles et leurs responsabilités sur les messages qui y sont inculqués auprès des jeunes. L’école laïque dans laquelle Amal enseigne est victime d’un professeur prêcheur mais comment y mettre un terme ? La directrice semble bien mal à l’aise et surtout démunie devant cette question. Est-ce juste de l’ignorance, la volonté de fermer les yeux pour ne pas faire face ou une impuissance profonde ?

Aujourd’hui, il est clair que des sujets ne sont plus abordés dans les écoles. Le corps professoral a peur d’aborder des sujets avec leurs élèves.

Devant nos yeux, Amal, la femme, est montée comme hystérique lorsqu’elle tente d’alarmer sa hiérarchie sur les dangers du professeur de religion et ce dernier est montré comme un homme posé, en costume cravate. La représentation de l’homme et de la femme dans nos sociétés patriarcales se résume merveilleusement dans cette scène.

Enfin, le film aborde la question du cyber harcèlement, de la cyber violence. Il en parle, et démontre, également, que les expert·es et dirigeant·es ne prennent pas en compte la cyber violence comme s’il s’agissait de quelque chose qui n’est pas dans la réalité et donc, sans importance. La journaliste et autrice Florence Hainaut indique qu’il n’existe pratiquement pas d’enquêtes sur les liens entre les violences scolaires et la cyber haine ce qui est très étonnant et pour le moins interpellant car aujourd’hui, il n’existe plus de violence scolaire sans cyber harcèlement.

Il est utile également de rappeler que des jeunes issus des minorités sexuelles ont 4 fois plus de chance de faire une tentative de suicide que les autres ados, que les femmes et toute personne issue de minorité de genres, d’origine et d’orientation sexuelle ont bien plus de chance d’être victime de harcèlement sur les réseaux sociaux que les hommes blanc cis.

Fiche technique
Titre : Amal
Réalisation : Jawad Rhalib
Avec : Lubna Azabal, Fabrizio Rongione , Johan Heldenbergh, Babetida Sadjo
Genre : Drame
Pays : Belgique, France
Date de sortie : 07 février 2024 (Belgique)
Durée : 1h50

Affiche du film « Amal » de Jawad Rhalib
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